Tristan Peugeot devient « Bicinglé » en grimpant 6 fois de suite le Ventoux à vélo

« Bicinglés du Ventoux (274 km et 8800 m d+) : réaliser deux ascensions et deux descentes du Mont Ventoux à vélo dans la même journée (entre 00 h 00 et 23 h 59) de chacune des trois routes goudronnées. ».
Tristan Peugeot, 37 ans, l’a réalisé le 21 août 2021 en 17 h 17. Il nous raconte au cours de cette interview son incroyable aventure !

Salut Tristan, tout d’abord félicitations pour ton incroyable défi des bicinglés, peux-tu te présenter et nous raconter ton histoire et ce qui t’a mené à t’inscrire aux Bicinglés du Ventoux ?

Moi c’est Tristan, 37 ans, je me suis mis au sport sur le tard, à 30 ans, grâce au triathlon. Je me suis orienté tout doucement vers les formats longs… Les longues sorties vélo me plaisent beaucoup, et de plus en plus. Des défis comme les Bicinglés ça motive toujours forcément ! L’année dernière (2020) j’avais déjà fait 4 ascensions de suite avec des amis et ça me trottait dans la tête de faire les 6 ascensions.

En 2021 je me suis donc lancé et ai tenté de rejoindre les 600 cyclistes « officiels » (inscrits officiellement dans l’association des cinglés du Ventoux) ayant déjà réalisé les Bicinglés du Ventoux. Un sacré défi qu’il fallait bien préparer durant l’année et que j’ai réalisé avec les chaussettes Avintur !

Quand tu habites en Provence et que tu recherches du dénivelé pour t’entrainer et bien tu vas directement sur le Ventoux. La route est sublime de chaque côté, sans danger avec une bonne qualité. La vue que l’on a quand on est là-haut est incroyable, c’est un émerveillement constant avec l’horizon qui s’élève. J’adore la sensation d’immensité que l’on peut avoir en parcourant ses pentes.

Les Bicinglés du Ventoux : vivre une aventure de 24 h, de nuit à nuit, partir dans le noir et revenir dans le noir…

Partir de nuit et revenir de nuit étaient dans tous les cas obligatoire pour boucler ces Bicinglés, à moins d’être vraiment très rapide. Quand tu t’inscris à la Bicinglés, du jour où tu as démarré, tu as jusqu’à minuit pour terminer. Pour me garder un peu de rab et ne pas finir trop proche de la barrière horaire, j’avais décidé de partir autour de 4 h du matin. J’ai donc fait la première partie de nuit dans le but de voir le lever du jour se lever sur le Mont Ventoux. C’était un moment incroyable et inoubliable d’admirer le soleil se lever depuis le sommet en ayant gravi le Géant de Provence de nuit.

J’avais déjà l’expérience des Cinglés du Ventoux (3 ascensions) et je savais qu’en roulant vraiment tranquille, en prenant des petites pauses, il me fallait environ 9 h pour boucler 3 ascensions. En calculant assez simplement, j’avais donc tablé sur un temps global de 18-19 h pour réaliser les 6 ascensions. Cela m’avait permis de déterminer mon horaire de départ.

Raconte-nous cette expérience de rouler de nuit. Comment as-tu vécu cette première ascension dans le noir complet ?

Rouler de nuit aplati le relief. Ta vision c’est ta lampe, et uniquement le faisceau de ta lampe. Du monde est venu m’accompagner pour la première montée donc c’était vraiment sympa de partager ce moment. Rouler de nuit bouleverse un peu les repères que l’on peut avoir. On ne voit plus les bornes au bord de la route, on se repère seulement avec les endroits caractéristiques de la montée, les grands passages, certains virages bien connus. On perd l’effort que l’on a en plein jour pour vivre un autre effort, différent et sans repère. Rouler de nuit m’a surtout permis de trouver la fraîcheur de bon matin et de réaliser une première montée avant que le soleil tape trop. Avant 6-7 h il fait bon et on ressent même le froid au sommet. Il faut d’ailleurs faire attention en arrivant là-haut… il faut bien se couvrir pour ne pas se refroidir dans la descente.

Comment t’es-tu préparé physiquement à ces plus de 8000 m de dénivelé positif ?

Pour me préparer à un tel défi, j’ai axé mes entrainements autour du travail du dénivelé et du temps de selle. Il faut travailler ce dernier  point en amont pour apprivoiser les petites douleurs que l’on peut avoir au-delà de 6, 7, 8 h… d’effort. Il faut savoir comment les gérer et comment les éviter. Pour cela, je me suis donc préparé en réalisant de grosses sorties à vélo avec un cumul de dénivelé positif conséquent.

Au début je souhaitais faire les Bicinglés fin juillet, et puis en discutant avec mon coach et en croisant avec l’emploi du temps perso, je me suis rendu compte que je n’allais pas avoir assez de temps à consacrer à la préparation et à réaliser de longues sorties vélo sur juin-juillet.

J’ai donc plutôt choisi le mois d’août, au terme de vacances en famille à Embrun où j’ai eu du temps pour enchaîner des cols. On avait un appartement à Vars, point de départ idéal pour organiser de gros entraînements.

Pour allier l’utile à l’agréable, j’ai rallié la maison à l’appartement de vacances à Vars à vélo : une belle sortie de plus de 250 km pour environ 12 h d’effort… Col de Vars, col d’Agnel, la Bonette, j’ai profité de cette semaine pour accumuler beaucoup de dénivelé et travailler l’enchaînement des cols.

Une petite semaine de récup’ et une phase de baisse de charge plus tard, j’étais prêt pour affronter 6 fois de suite le Ventoux.

En tant que triathlète, j’avais bien diminué la course à pied et la natation pour me consacrer pleinement au vélo. J’avais mis le reste en stand-by pour ne pas dilapider mes forces et rester concentré sur mon objectif principal de 2021 qu’était les Bicinglés.

As-tu des conseils à donner pour celles et ceux qui veulent se préparer à ce type de défi ou se préparer à de grandes cyclosportives comme l’Etape du Tour ?

Travailler l’enchaînement de cols longs pendant sa préparation me semble primordial pour bien aborder ce genre d’objectif. Une bosse de 30 min c’est bien mais l’effort n’a rien à voir avec un col où l’on grimpe 1 h 30-2 h.

Si l’on a que des petites bosses à disposition près de chez soi, il est intéressant de travailler sur l’enchaînement de celles-ci pour cumuler du dénivelé… et travailler le mental car celui-ci sera indispensable le jour-j.

Lorsque l’on n’a pas de grosses bosses près de chez soi, il faut essayer de rouler un maximum pour engranger de nombreuses heures de selle. Il faut aussi développer sa force sur le vélo.

Le renforcement musculaire est aussi très important pour bien vivre les longues heures de selle qui peuvent provoquer des douleurs lombaires, Il faut donc développer son gainage pour avoir un bon maintien sur le vélo, réaliser des squats pour le renfo du bas du corps… etc. Le renforcement musculaire ne doit pas être négligé.

Les épaules, les cervicales sont hyper sollicitées sur des efforts très longs de ce type et il faut donc les renforcer en amont pour bien vivre les longues heures assises à pédaler.

Après avoir accompli les Bicinglés du Ventoux, envisages-tu de nouveaux défis de ce type ?

Ce vendredi [10 décembre 2021] je serai au départ du GravelMan route de 350 km. Je me suis inscrit il y a 3 semaines, un peu au dernier moment. Je suis de plus en plus attiré par le long à vélo. Je m’y oriente tout doucement. Cela demande un minimum d’équipement. J’ai envie de prendre de l’expérience là-dessus en côtoyant des cyclistes de ce milieu. J’avais envie de finir l’année en beauté.

Le fait d’avoir rallier Vars à vélo depuis chez moi cet été pour partir en vacances m’a fait découvrir des routes magnifiques le temps d’une journée. J’ai envie d’explorer davantage ce côté aventure et découverte dans le sport. Les efforts d’ultra endurance sont parfaits pour cela.

La notion de partage est très importante pour toi, c’était important que cette aventure des Bicinglés soit partagée ?

J’en avais parlé sur les réseaux sociaux et pas mal de gens étaient motivés pour m’accompagner sur une ou plusieurs montées. Dès le départ on était 6 lors de la première ascension de nuit. Certains sont repartis, d’autres m’ont rejoint durant la journée. Un ami qui ne fait quasiment pas de vélo m’a accompagné aussi sur un bout de chemin. Il n’y a finalement qu’une seule montée où je suis resté seul, c’était top !

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Le fait d’être accompagné t’a aidé mentalement à venir au bout de cette aventure ?

Le fait de pouvoir échanger et discuter rend les ascensions moins longues et permet de se distraire et de passer de bons moments… même si sur le Ventoux il y a toujours du monde au final… La seule ascension où je suis resté seul c’est la 4ème depuis Bédoin. Il était 13 h, il faisait très très chaud et j’avais un peu peur de me déshydrater. Le Chalet Reynard me paraissait loin et j’avais hâte d’y arriver pour me ravitailler. Le Chalet Reynard c’était ma base vie !

As-tu pensé abandonner au cours de tes 6 ascensions ?

NON ! [Tristan rigole] Je ne pouvais pas. J’aurais terminé même en rampant. Il y a eu tellement de sacrifices durant cette préparation au Bicinglés… Vis à vis de ma famille, de ma femme qui m’accompagnait pendant  toute cette aventure, de mes enfants… je n’avais pas le droit d’abandonner. Je remercie d’ailleurs Céline, ma femme, car sans elle tout cela ne serait pas possible. Elle me soutien dans ma pratique sportive. Pour les Bicinglés elle réalisait mon assistance. Elle était là à 4 h du matin. Elle m’a organisé plusieurs points de ravitos au Chalet Reynard. Ça m’a fait beaucoup de bien de savoir qu’elle était là. Elle m’a attendu toute la journée et m’a soutenu pendant 24 h.

Après on n’est jamais à l’abri d’un pépin technique, d’une chute, de grosses crampes… mais je n’ai pas vécu ce type de problème.

Dans ma tête, une fois la 4ème montée terminée, je savais que c’était gagné car il me restait les 2 dernières au départ de Sault où la difficulté est moindre.

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T’es-tu préparé mentalement ? As-tu des astuces pour mieux vivre les coups de moins bien ?

Des coups de mou, de moins bien, il y en a et il y en aura toujours. Parfois le cerveau nous amène des pensées négatives quand on est dans le dur physiquement. Il ne faut alors pas hésiter à réorienter ses pensées et rester POSITIF. Se remémorer le Pourquoi, pourquoi vouloir réussir cet objectif et pas un autre est aussi important pour garder le cap.

Je conseille aussi de scinder son objectif pour voir step by step et d’avancer petit à petit vers le but final. Cela permet de créer de petits objectifs à court terme. Ça crée un cercle vertueux de réussite à court terme qui est bénéfique pour rester positif.

Comment as-tu défini l’ordre des 6 ascensions réalisées ?

Ça a été très vite choisi. Personnellement la plus belle montée est celle de Malaucène. Donc j’avais décidé de réaliser la première de nuit par Bédoin, car je la trouve monotone, notamment la portion dans la forêt. Ensuite j’ai enchaîné 2 montées par Malaucène. Cela me permettait d’être autonome durant au moins 2 ascensions et de laisser Céline tranquille. Ensuite la 4ème ascension a été réalisée par Bédoin en début d’après-midi. J’ai terminé par une double ascension par Sault, la moins difficile, qui me permettait de pédaler dans les descentes, de récupérer un peu mieux physiquement en répugnant les muscles et d’éviter les fourmis dans les pieds.

Niveau logistique, ma femme m’attendait au Chalet Reynard, endroit idéal car passage obligé des ascensions par Bédoin et par Sault.

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Parle-nous de l’hydratation et de la nutrition. Je sais que tu es un excellent cuisinier, comment as-tu géré cet aspect important de la performance ?

Je m’étais bien organisé. Déjà en amont, j’avais fait une bonne recharge glucidique les 4 derniers jours.

Pour le jour-j je m’étais préparé des gaufres salées de patate douce, hyper pratique à mettre dans la poche et qui m’ont permis d’avoir un bon apport en glucides. J’avais aussi préparé des petits muffins salés avec du fromage dedans pour garantir un apport en protéine intéressant. J’avais également des barres énergétiques avec moi. J’ai privilégié les index glycémiques bas pour ne pas avoir de grosses fluctuations d’énergie.

Sur la première descente de Sault, en fin de journée, j’ai eu un énorme coup de faim. J’avais envie de tout manger. En arrivant à Sault je me suis donc arrêté dans la boulangerie et ai acheté une tropézienne et un gros cookie. Ça m’a fait beaucoup de bien, aussi bien moralement que physiquement. Ça m’a donné un énorme coup de fouet. L’intensité de l’effort étant faible sur ce type de défi, j’ai pu digérer assez facilement dans les faibles pourcentages de Sault.

Niveau hydratation, j’avais toujours 2 bidons sur moi : une avec des sels minéraux dedans ou des électrolytes et une autre d’eau pure.

Encore félicitations à Tristan pour avoir vaincu 6 fois de suite le Géant de Provence à vélo ! Merci de nous avoir accordé du temps pour cette interview. Retrouvez le blog de Tristan Peugeot ci-dessous : vous y trouverez des recettes saines, végétariennes et adaptées à la pratique sportive. N’hésitez pas aussi à le suivre directement sur Instagram !

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