Entre bière et vélo : Entretien avec Alexandre de Zordi, fondateur de la brasserie artisanale du Mont Ventoux

« Paris a sa tour Eiffel, on a le Mont Ventoux ! »

Du développement de sa brasserie à sa vision du vélo, rencontre avec Alexandre de Zordi, fondateur de la brasserie artisanale du Mont Ventoux.

Salut Alexandre, peux-tu nous raconter l’histoire de la brasserie du Mont Ventoux ? Quel a été le déclic pour te lancer dans cette aventure ?

Après 20 ans passés à la communication de l’AOC Ventoux, j’ai eu envie de monter mon projet et de devenir mon propre producteur. Je souhaitais dans un premier temps créer une cave viticole mais l’acquisition du foncier rendait le projet complexe à développer. En parallèle, je brassais de la bière dans mon garage avec des amis et la tendance des brasseries artisanales pointant le bout de son nez en France, j’ai vu qu’il y avait quelque chose à faire et je me suis lancé un peu plus sérieusement. C’est en visitant des brasseries artisanales en Bretagne que le déclic m’est vraiment venu ! J’ai découvert des techniques pointues mais une ambiance décontractée. Il règne en effet une vraie philosophie et un réel art de vivre autour du brassage de la bière.

Comment t’es-tu formé aux techniques de brassage ?

Durant mes études dans la communication du vin j’ai appris les techniques de vinification et de fermentation… à cette époque je brassais mes propres bières dans mon garage. Certains process étant sensiblement identiques entre le vin et la bière, j’ai débuté comme cela en apprenant aussi beaucoup sur le tas et en expérimentant par moi-même.

La région étant réputée pour le vin… cela n’a pas été un frein au lancement de la brasserie du Mont Ventoux ?

C’était un sacré défi de produire de la bière au milieu des vignes ! Mais il y avait aussi un manque par rapport à cela et donc quelque chose à développer !

En quelle année ton projet a-t-il réellement débuté ?

L’idée a germé en 2014. Le projet a démarré en 2015 avec quelques cuves produites dans le garage pour développer les recettes et les types de bières que l’on souhaitait commercialiser. Ce temps était également consacré au projet marketing et à la communication. En 2016 et 2017, j’étais encore salarié et je travaillais le soir et les week-ends sur la fabrication des bières. C’est fin 2017 que j’ai décidé de quitter mon emploi dans le vin pout me consacrer à 100 % à la brasserie ! Pour vivre de la bière il faut faire du volume et vendre en grande quantité… je me devais de m’investir pleinement dans ce projet pour qu’il fonctionne. Afin de trouver des fonds suffisants pour assurer son développement, je me suis associé à la cave de Caromb ! Cette association permet à la brasserie du Mont Ventoux de bénéficier d’un réseau de distribution déjà en place et d’un savoir-faire dans les domaines de la logistique et de la commercialisation notamment.

Cette association avec la cave de Caromb a donc permis d’accélérer le développement de la brasserie ?

Exactement ! Je m’occupe de la partie production et de la communication et la cave de Caromb gère le reste. Nous sommes très complémentaires et le partage des tâches permet un gain de temps non négligeable ! Nous avons, entre temps, déménagé les installations de Mazan à Carpentras pour acquérir de nouvelles installations et permettre le développement de la brasserie. En 2016-2017 on faisait moins de 100 hecto par an, 2018 on a fait 400 hecto et en 2019 on va sortir environ 1900 hecto !

Peux-tu nous parler des numéros inscrits sur les étiquettes des bières du Mont Ventoux ?

On a choisi de travailler sur les cols du Mont Ventoux pour donner à chaque bière une identité forte. La « 1850 » fait par exemple référence au col des Tempêtes ! L’idée avec cela étant de vendre, en plus d’une boisson, un peu de l’identité du Mont Ventoux et de la connaissance du territoire. Le Ventoux est constitué de plusieurs sommets, c’est un grand massif. Nous souhaitons faire connaître ce magnifique massif. Certains touristes découvrent d’ailleurs certains cols grâce aux étiquettes des bières !

Quelle place occupe le Mont Ventoux dans ta vie ?

Il occupe une place très importante dans ma vie, c’est notre tour Eiffel ici ! Il est constamment à portée de regard et est omniprésent. J’aime d’ailleurs beaucoup faire la comparaison suivante : « Paris à sa tour Eiffel, nous on a le Mont Ventoux ! » Beaucoup de personnes nous envie et nous avons de la chance de vivre dans de tels paysages. En plus d’être un monument pour le vélo, c’est aussi et surtout un espace de biosphère accueillant une incroyable biodiversité qu’il convient de protéger.

Chez Avintur, le vélo rime avec partage et convivialité… la brasserie du Mont Ventoux partage également ces valeurs ?

J’ai toujours fait du vélo depuis que je suis petit. J’aime le vélo solitaire et les sorties avec les copains ! Les deux me sont importants. Lorsque j’ai des soucis avec la brasserie par exemple, je prends mon vélo et vais rouler… tout devient plus clair. Lorsque je roule je fais le vide et cette forme d’introspection me permet bien souvent de trouver des réponses aux questions que je me pose et des solutions aux problèmes rencontrés ! Le week-end je fais des sorties avec mes amis où la convivialité règne. On partage beaucoup, on rit, on échange et on se retrouve à la fin autour d’une bière ! Voilà ma vision du vélo.

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